Le Premier Ministre a présenté ce lundi 30 mars les mesures retenues pour encadrer les rémunérations des patrons. Ces mesures seront consignées dans un décret qui sera publié mardi matin au Journal Officiel et entrera aussitôt en vigueur.
Ce décret, dont l’application est prévue jusqu’à fin 2010, concerne finalement peu de patrons. Les banques et les constructeurs automobiles aidés par l’Etat sont les principaux concernés. Il s’agit, selon F. Fillon, de sanctionner le comportement irresponsable de quelques patrons en faisant pression sur les plus récalcitrants. En clair, ce décret leur interdira stock-options et actions gratuites, et encadrera étroitement les bonus et autres indemnités de départ (ces deux cas de figure devraient également être interdits en cas de licenciements importants). Pour les autres entreprises, le chef du gouvernement préconise le code de bonne conduite du MEDEF.
Il paraît évident qu’il s’agit ici d’un coup de communication, destiné à calmer les esprits scandalisés par les dernières révélations concernant le départ de certains patrons. Les proches du Premier Ministre se félicitent en effet de la rapidité et de la radicalité de la réaction du gouvernement. Mais ils oublient certainement de préciser que ce décret sera aussi vite annulé dès 2011, et les “anciennes” pratiques indécentes reprendront de plus belle, car il faudra bien rattraper deux années perdues !

